Au Pollet, sur les traces d'Henriette...

Compte rendu de la visite du quartier du Pollet du vendredi 9 mai
Par les élèves de 6ème2
Quoi de mieux, par un bel après-midi de printemps, qu'une promenade commentée au coeur du quartier traditionnel des pêcheurs ? C'est notre auteur, Ginette Poullet, qui nous sert de guide et nous fait revivre une époque qu'elle doit mystérieusement avoir connue tant elle en parle avec passion.
1) Le Panorama ( le point de vue sur le port du haut de la falaise )
Au XIXème siècle, les femmes des pêcheurs guettaient le retour des bateaux à cet endroit les jours de tempêtes. Les mères attendaient le retour des maris mais aussi des enfants embarqués comme mousse dès l’âge de 12 ans. On devenait matelot à l’âge de 18 ans. Au retour des pêcheurs, ceux qui étaient restés à terre, les plus jeunes ou les anciens, « démaquaient » le filet, c’est à dire qu’ils le nettoyaient. Lors des grandes marées, les enfants allaient à la pêche à pieds chercher des crabes, des crevettes, des bulots et autres bigorneaux.
2) La Chapelle Notre Dame de Bon Secours
Les marins étaient très croyants. La religion les soutenait face aux nombreuses tragédies qu’ils devaient affronter : accidents, noyades, disparitions… La chapelle, construite dans les années 1880, est dédiée aux marins. On y trouve des ex-voto en marbre qui remercient ou qui rendent hommage à un disparu. On trouve aussi des maquettes de bateaux laissés à la protection de Notre Dame ainsi qu’un livre de prières écrites. Quelques dates relevées au passage : 1887, 1898, 1885, 1897. Au départ du port, les marins croisaient le calvaire (Christ en croix).
3) Le Pollet vu d’en haut
Du haut de la falaise, le Pollet ressemble à un tissu serré de toitures. On aperçoit le quai où autrefois on déchargeait le poisson que les femmes emportaient dans une hotte pour aller les vendre aux « barrières ». Les maisons du Pollet sont faites de silex et de briques ou de bois et de torchis. Le quartier est resté très pittoresque. Il a été amputé d’une partie de ses rues lors de la construction du port de commerce derrière la ville. On a dû creuser un chenal au milieu du quartier et exproprier les habitants qui se sont réfugiés dans les habitations troglodytes nichées dans la falaise : les gobes.
4) Les rues du Pollet
Les rues de cet ancien quartier sont étroites et tortueuses. On y aperçoit encore des crochets qui servaient à pendre les filets et le matériel de pêche ou le poisson qu’on faisait sécher à l’abri des griffes de chats. Autrefois le quartier était insalubre : les égouts se déversaient au milieu des rues et il n’y avait ni eau courante ni électricité. Certains familles étaient très pauvres. Les ruelles les plus sombres pouvaient être dangereuses pour le passant qui d’aventure s’était fait surprendre par la nuit. Mais c’était aussi un quartier où les gens étaient solidaires face aux dangers de la mer. On se disputait parfois, on parlait souvent trés fort (les femmes du Pollet étaient réputées pour leur gouaille) mais il y avait toujours un morceau de poisson pour la pauvre veuve qui avait perdu son mari en mer.