Henriette

Vendredi 18 janvier 2008
 



Henriette

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Bonjour, je m'appelle Henriette. J'aurais aimé m'appeler Alice ou Simone comme tout le monde mais ma mère n'a pas pensé aux conséquences de son choix. On se moque de moi: rillettes, andouillette et des meilleures, ça me déplaît énormément car ça me fait penser à de la charcuterie ce qui n'est pas spécialement distingué. Pourtant je me suis fait une raison et j'assume. Ma mère est écrivain, elle est connue pour ses histoires et ses contes sur le Pollet. Ma mère vient à Dieppe pour rencontrer des gens célèbres: romanciers, peintres, mondains... mais aussi pour converser avec des gens qui ont consacré leur vie à la pêche.


Nous logeons dans un hôtel relativement luxueux au bord de la mer. J'apprécie ce confort car de temps en temps j'accompagne ma mère qui se rend « aux gobes »: ces habitations troglodytes qui abritent tous ceux qui ont vu disparaître leurs logis lors du creusement du chenal. C'est comme ça que vit ma mère: un pied chez les riches et l'autre chez les pauvres. Je trouve ça plutôt passionnant car les festivités convenues du casino me lassent parfois.

Ce matin là nous avons décidé d'aller rendre visite à nos amis Polletais et particulièrement à ceux des gobes. Nous avons cheminé à travers les rues de ce quartier de pêcheurs, tout dans cette promenade évoquait la mer: l'odeur iodée qui imprégnait l'air, les visages burinés des vieillards, la gouaille des femmes de matelots, le matériel entreposé au pied des demeures: rames, filets, hottes.... En arrivant devant la première excavation, j'aperçus un jeune adolescent assis et je fus tout de suite intrigué par le sentiment de tristesse qu'il semblait dégager. Pendant que ma mère menait ses investigations, je décidais de l'aborder ce qui pour l'époque n'était guère convenable pour une demoiselle mais une idylle entre un pêcheur et une bourgeoise se révélant fortement improbable, mon acte me sembla nettement moins audacieux. A mon approche, il se leva et, tout en claudiquant, m'invita à m'asseoir à ses côtés sur une barque renversée ce qui me surprit de la part de gens aux moeurs réputées un peu rustres. L'évocation de mon prénom le laissa de marbre, ce qui m'incita à lui faire confiance et nous bavardâmes en laissant filer le temps. Il m'apprit ainsi qu'il avait déjà navigué sur des terre-neuvas en qualité de mousse. Il participait aussi aux pêches côtières. Il s'agissait de remonter les filets et de trier les poissons. Il connaissait toutes les espèces qui se vendaient à Dieppe: soles, limandes, carrelets, morues, rougets, vives... Non seulement il savait les nommer mais rien ne lui échappait quant aux méthodes de pêche et aux particularités propres à chaque catégorie. Quand il avait du temps libre, il jouait dans les rues: opportunité qui était pour moi fort rare.


En effet, pour de multiples raisons dont certaines m'échappent complètement j'étais le plus souvent accompagnée soit de maman ou l'une de ses amies, de ma gouvernante ou en tout état de cause d'un adulte bien né et bien élevé sensé me préserver de tous les périls qui guettent une demoiselle de bonne famille. En outre je ne devais absolument pas « gâter » mes toilettes. Il ne semblait pas avoir conscience de la chance inouïe qu'il avait de pouvoir aller et venir sans contrainte mais semblait fasciné par mon mode de vie: confort des grands hôtels, concerts, bals, déjeuners au restaurant, jeux divers au casino. Tout ce qui faisait mon quotidien et me lassait un peu le faisait rêver. Après cette première rencontre nous nous revîmes plusieurs fois toujours à l'occasion de l'enquête que ma mère menait au Pollet. Une profonde amitié naquit ainsi. Nos univers quasiment opposés au lieu de nous éloigner renforçaient notre complicité. Après maintes tractations auprès de ma mère (son ouverture d'esprit avait des limites) j'obtins l'autorisation d'inviter Rémy (c'est ainsi qu'il se nommait) à vivre ma vie toute une journée. Inviter des gens du même monde, ce n'est déjà pas très simple mais emmener un petit Polletais de l'autre côté du chenal c'est encore autre chose. Comment cheminer dans les salons luxueux du casino accompagnée de ce jeune mousse sans susciter des commentaires désobligeants sur la tenue ou sur le comportement de ce petit intrus? Il fut décidé que mon protégé serait « déguisé ». Il troqua donc sa vareuse pour le petit costume marin du jeune parisien en visite à Dieppe. Quoique seyante cette tenue l'indisposait un peu; toutefois, il accepta cette contrainte sûrement par amitié pour moi mais aussi parce que la perspective d'une journée exceptionnelle attisait sa curiosité. Je me devais maintenant d'imaginer un planning. Hors de question de l'emmener aux leçons de danse organisées pour les enfants. Difficile en peu de temps de lui apprendre les rudiments de la valse. En effet, la particularité de ces cours étaient de singer les moeurs des grandes personnes. Dans mon monde les enfants sont des adultes miniatures. Sur ces modèles réduits, les défauts se révèlent flagrants. J'étais à la fois heureuse et ennuyée de confronter même provisoirement Rémy à cette enfance étriquée.

Pour cette expérience exceptionnelle, il fut donc décidé que je passerai prendre Rémy au Pollet vers 9 heures. Il me recommanda de ne pas oublier sa tenue. Vers les dix heures après une brève promenade sur le port de Dieppe, nous gagnâmes ma chambre d'hôtel. Quelques jouets étaient éparpillés sur le sol. Rémy avisa un petit ours remisé dans un coin, il le regarda, le manipula avec douceur. Il me semblait beaucoup trop grand pour s'enticher d'une peluche passablement détériorée par quelques années d'insistante affection. Il reposa le jouet en m'indiquant qu'il en avait parfois vu dans des vitrines mais qu'il n'en avait jamais touché. Je ne savais pas si c'était ridicule ou pas, tant pis pour les railleries, ce fut mon premier cadeau à Rémy. Il sembla apprécier ce présent insolite car il me remercia chaleureusement. J'adorais la peinture et j'avais projeté d'emmener Rémy voir une exposition de tableaux dans l'un des salons du casino. J'avais posé pour l'un des amis de ma mère, Monsieur Jacques Emile Blanche et je me demandais si mon nouveau copain allait reconnaître la toile pour laquelle j'avais servi de modèle. Cette question me tortura pendant tout le déjeuner que nous prîmes avec ma mère au restaurant de l'hôtel. Notre jeune invité éprouvait quelques difficultés à manger à la fois parce qu'il ne savait pas toujours quels couverts utiliser mais aussi parce que ma mère le pressait de questions. Toujours son satané travail sur les pêcheurs. J'avais hâte que ma mère reparte vers ses mondanités pour pouvoir retrouver notre complicité. Rémy bafouillait un peu, s'embrouillait parfois dans ses réponses mais aussi dans ses gestes tant il faisait d'efforts pour se tenir comme il faut. Finalement il se débrouilla plutôt bien. Je fus cependant soulagée quand après le dessert, nous obtînmes la permission de quitter la table. Nous avions une heure devant nous avant de rejoindre le casino. La foule commençait à affluer, messieurs en redingotes et chapeaux haut de forme accompagnés de dames rivalisant d'élégance. Rémy écarquillait les yeux tant il était peu accoutumé à ces fastes vestimentaires. Je ne lui avais pas dit qu'en quelque sorte tout ce monde venait pour me voir. Mon tableau ou plutôt la toile pour laquelle j'avais servi de modèle devait être en effet dévoilée à l'occasion de l'exposition de cet après-midi. Ce moment venu, j'étais tout émoustillée quand un vénérable monsieur s'apprêta à découvrir l'oeuvre de Jacques Emile Blanche. Ce moment plus qu'à quiconq ue me parut interminable. Serais-je reconnue par tous ces heureux invités et surtout Rémy allait-il faire le lien entre la jeune fille du tableau et sa toute nouvelle amie? J'étais dans mes pensées quand une clameur s'éleva. Je ne compris pas toute suite mais tous les regards se portaient vers le fond de la pièce, je m'aperçus avec consternation que le drap ne cachait qu'un cadre vide.



à suivre...
Par Lulu
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Vendredi 18 janvier 2008

L'année dernière, les élèves de CM2 de l'école Curie et les élèves de 6ème 7 du collège Dumas se sont associés à l'écrivain Ginette Poullet pour un pari un peu fou: écrire un vrai roman!

Et pour ce qui est d'écriture et de trouver des histoires, elle s'y connaît Ginette. Elle nous a même dévoilé son secret, sa caverne d'Ali Baba: le Château Musée de Dieppe où les deux classes se sont rendues pour y fuiner sur la piste d'un fait divers pas comme les autres, à la recherche de personnages sympathiques en route pour de folles aventures ou en quête d'enquête...


laurent-Gsell-Les-pelouses-et-la-plage-de-Dieppe.jpg Et ils ont trouvé: Simon l'enfant du Pollet, les pêcheurs du siècle passé,  les établissements des bains de mer, le vieux casino mauresque, le peintre Jacques-Emile Blanche... en voilà bien assez pour imaginer le personnage d'Henriette, petite fille pas si bourgeoise que ça, qui préfère lorgner vers les Gobes du Pollet plutôt que de suivre ses leçons de danses de salon! Tout bascule lorsque le tableau, son tableau puisqu'elle a servi de modèle au célèbre peintre, disparaît comme par magie!

Cette année encore l'histoire continue avec les nouveaux CM2 qui prendront la relève et les 6èmes 2 qui devront aussi affûter leur plume! Falaise-Pollet-E.-Boudin.jpg


Bonne lecture!

N'oubliez pas de nous donner votre avis...

et pourquoi pas de participer à l'enquête!


Par Lulu
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Mercredi 26 mars 2008
Un vol a été commis au très chic et très réputé établissement des Bains de Mer de Dieppe. Mais Henriette mène l'enquète...

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En attendant, voici quelques articles de journaux pour nous en apprendre davantage...



Vol par effraction

Ce jeudi 10 septembre, un individu s'est introduit dans le casino de Dieppe et s'est emparé du tableau du célèbre peintre Jacques Emile Blanche. On a retrouvé une photo d'une jeune fille découpée en cœur. Les policiers sont toujours sur l'enquête.          Melissa

Dans la nuit du jeudi au vendredi, un ou des individus se sont introduits par effraction dans le casino de Dieppe, et ont dérobé une œuvre inestimable de Jacques Emile Blanche. Après enquête, le commissaire a trouvé quelques indices : une paire de lunette écrasée avec un bouton de manchette dont une initiale est bien lisible. l'enquête suit son cours.    Romain

 

 

VOL EXTRAORDINAIRE D'UN TABLEAU DE JACQUES EMILE BLANCHE 

Jacques Emile Blanche demande de l'aide à la police pour retrouver son tableau qui a été volé cet après-midi. La police est désemparée. Elle n'a aucun indice. Le commissaire a déclaré, je cite : « Nous allons avoir du mal à retrouver le tableau. Le ou les brigands sont des spécialistes. Peut-être que le brigand est déjà en cavale dans un autre pays. » Les policier essaient de trouver le coupable. Mais personne ne sait où est le tableau. Un gant suspect a été retrouvé accroché à une échelle. Les policiers sont contents d'avoir trouver un indice mais ils n'ont toujours pas le voleur.               Sébastien.

 

 

Vol au casino

 

Une toile a été dérobée au casino lors de l’inauguration de l’exposition du maître Jacques Emile Blanche.

Hier en début d’après midi. Plusieurs centaines de personnes étaient réunies pour admirer les œuvres de Jacques Emile Blanche. Mais un drame s’est produit ! Au moment où il allait dévoiler sa dernière création (le portait d’une jeune fille) l’audience s’est rendu compte avec stupéfaction que le chef d’œuvre avait disparu malgré la présence de la police et de la sécurité du casino.

L’enquête est dirigée par l’inspecteur chef Lucien. La police nous a confié qu’elle avait relevé des indices troublants : un gant et une canne sans propriétaire. Un témoin oculaire affirment avoir aperçu un suspect sortir du casino avec un colis et sauter dans une calèche à toute allure. 

Mais où est la toile en ce moment ?                    Marius

 

 

Dans l'après-midi du jeudi 10 septembre, à l'occasion de l'exposition des oeuvres du peintre Jacques Emile Blanche, au moment de dévoiler la plus belle toile, les invités de marques ont eu la stupeur de découvrir un cadre vide! Le publique est inquiet ! « Y a t-il un voleur parmi nous? » clament déjà certaines voix. Un pêcheur dit avoir vu un homme de grande taille ressemblant au célèbre couturier de haute couture Jémile Jean de passage à Dieppe, sortir rapidement de la pièce avant l'exposition avec un colis. Peut-on croire un pêcheur ou le plus grand couturier de haute couture Jémile Jean ? La réponse dans une semaine dans le journal les Informations Dieppoises .            Elise

 

 

Le cauchemar de Jacques Emile Blanche

 

Ce jeudi à 15h00, la haute bougeoisie dieppoise a constaté avec stupeur la disparition d’un chef d’œuvre du maître Jacques Emile Blanche. Le public a été choqué. Les policiers ont fait évacuer le casino. Les policiers sont en train d'enquêter et on dit qu’ils ont trouvé des pistes.
Le coupable a laissé tomber un de ses gants. On a aussi retrouvé des traces de terre.    Valentin

 

Depuis une semaine, était exposée dans le hall du casino de Dieppe une série de tableaux de Jacques Emile Blanche. Dans la nuit du jeudi au vendredi un ou des individus, profitant d'un moment d'inattention des deux gardiens, s'emparent du plus beau tableau et disparaissent dans la nature. A ce jour l'enquête se poursuit. Selon le commissaire, la police disposant de plusieurs indices serait sur une piste.                    Axel

 


Vol d’un tableau au Casino de Dieppe.

 

Dans la nuit du jeudi au vendredi 10 septembre, le casino a été cambriolé. Quelques individus sont entrés par effraction et ont laissé quelques traces. Des policiers ont interrogé quelques témoins qui habitent près du Casino. Un témoin leur a dit qu'il a vu trois personnes sortir du Casino en cagoule et habillés en noir. Un autre témoin leur dit qu'ils ont tirés quelques coup de feu et se sont enfuis. Pourquoi les voleurs ont-ils volé précisément ce tableau de Jacques Emile Blanche ?      Dimitri

 

 


j'ai bien aimé cette histoire de vol qui se passe à Dieppe. il faut choisir une suite qui soit convenable pour ce journal. Ce vol de tableau avec Henriette est très mystérieuse.   Marine

 

J'aime bien cette histoire. Ca fait  deux ans qu’on travaille dessus. On commence à être habitué et c'est bien  qu'on continue ça en 6eme. J'aimerais bien que madame Poullet revienne pour continuer l'histoire avec nous.             Sébastien


Par Lulu
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